L’édito du président

Philippe FOLLIOT

Président de l’Alliance Centriste

Le verdict du suffrage universel est tombé et Emmanuel Macron a été réélu président de la République. Si nous nous félicitons de l’issue de ce scrutin, nous devons rester très lucides sur la réalité de la situation politique de notre pays, profondément divisé pour ne pas dire fracturé.

Je dirais que maintenant le plus dur reste à faire, redonner espoir et confiance à nos millions de concitoyens qui par leur vote ont exprimé plus qu’une adhésion à des idées extrémistes, plus qu’un rejet d’un président jugé hautain et distant, plus que le partage de programmes économiquement irréalistes et socialement dangereux, ils ont exprimé leur légitime désir et volonté d’être reconnus, écoutés, entendus pour surmonter les fractures territoriales et sociales qui cassent notre pays.

Dépasser les clivages, tendre la main, ouvrir ses bras est beaucoup plus difficile que les jeux politiques du moment mais plus encore, il faut refondre notre démocratie française.

Il y a plus d’un an, avec mes amis de l’Alliance Centriste, nous publiions une tribune dans un grand quotidien national « Pour une nouvelle démocratie française ». Notre analyse de l’époque reste plus que jamais d’actualité et notre critique de l’hyperprésidence pour en revenir aux fondamentaux de la Ve république avec un meilleur partage du pouvoir président / gouvernement ; exécutif / législatif ; national / local demeure pérenne.

« Le président de la République doit représenter l’unité de la nation et être garant du bon fonctionnement des institutions » (discours du général de Gaulle le 8 aout 1958 devant le conseil consultatif constitutionnel). Puisse Emmanuel Macron entendre et suivre le fondateur de la Ve république et surtout laisser le gouvernement gouverner (article 20 de la Constitution), pour se consacrer aux grandes réformes, aux grands enjeux sécuritaires et internationaux, aux grandes questions sociétales et environnementales, aux grands équilibres territoriaux et démocratiques…

Je constate qu’on s’agite beaucoup autour des modes de scrutins et de la proportionnelle en ce moment mais on ferait mieux de s’agiter pour une inversion du calendrier, voire pour un septennat non renouvelable afin de donner de la hauteur au président et du pouvoir à l’Assemblée nationale.

Non invité aux « manœuvres politiciennes » du cartel électoral « ensemble », (plus caractéristique de pratiques de l’ancien monde que d’une refondation en profondeur de notre vie politique !!!), l’Alliance centriste a décidé de présenter et soutenir des candidats aux prochaines législatives pour porter un message centriste original et être dans un soutien loyal et critique au sens noble du terme au président de la république, mais surtout être libres. Elus, ils seront libres de siéger dans un groupe indépendant, libres de voter en leur âme et conscience, libres de représenter leur territoire plutôt qu’être une simple courroie de transmission de l’exécutif, libres de soutenir les grandes réformes nécessaires au redressement de notre pays.

Bien sûr que l’actualité est prégnante, Covid, Ukraine, pouvoir d’achat et bien sûr que les enjeux essentiels sont prégnants : pérennisation des retraites, changements climatiques, dette occultée, territoires oubliés… mais dans ces temps difficiles et tourmentés, ce que l’on attend du chef, du chef de l’Etat, c’est une perspective, une vision Gaullienne de l’Etat, une perception inclusive de la nation, une ambition positive pour les futures générations.

L’Alliance centriste en 2017 a été un des seuls partis politiques constitués à apporter son soutien à Emmanuel Macron bien avant le premier tour et malgré le fait que nous n’ayons jamais été respectés par des entourages, ayant foi en l’avenir de notre si beau et grand pays, je souhaite que le président réussisse mais aussi qu’il prenne les bonnes décisions pour réformer en profondeur la France et refondre notre… démocratie française !

 

Philippe FOLLIOT
Président de l’Alliance centriste
Sénateur du Tarn

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