Vive nos paysans !

C’est ce cri du cœur que je veux pousser tant aujourd’hui certains veulent nous faire tomber dans une forme irrationalité collective pour remettre en cause notre agriculture et nos paysans. La bêtise doit avoir des limites et cet « agribashing » à la mode est à proprement parler insupportable. Nos agriculteurs en général et nos éleveurs en particulier exercent leur métier avec passion, avec « juste » la volonté de relever le défi que leur a donné la société : permettre à 1% de la population de nourrir les 99 autres %, avec des produits sains, de qualité, diversifiés et le tout pour… pas cher !

Voilà qu’aujourd’hui on les accuse sans fondements de polluer, d’empoisonner, de maltraitance animale… c’est malveillant et fallacieux !

Je ne dis pas que « tout va bien dans le meilleur des mondes ». Il y a quelques « mauvais » paysans, comme dans tous les métiers, mais je dis qu’il est urgent d’en finir avec ces amalgames et de revenir raisonnablement aux faits.

Les 437 000 exploitations familiales Françaises disposent en moyenne de 63 hectares de superficie. On est très loin de l’agro-industrie caricaturée par certains.

Le débat sur les pesticides est l’illustration de la folie collective qui s’abat sur nous. Tout d’abord, il faut savoir qu’il y en a plus de 1800 autorisés en France dont plus de 300 dans l’agriculture biologique qui, contrairement à ce que certains croient naïvement, ne se fait pas sans pesticides mais sans certains pesticides ! Quand je vois les actions desdits « pisseurs volontaires » qui font analyser des résidus dans leurs urines, il faut rappeler que les « limites maximales de résidus » – dont certains se rapprochent sans souvent les dépasser – sont cent fois moindres au seuil de toxicité (je dis bien 100 fois moins !), c’est-à-dire au seuil à partir duquel on peut craindre des conséquences sur la santé humaine (nausées, picotements voire plus…). En fait, nous sommes dans ce cadre à un risque équivalent d’accident que celui d’une voiture qui roulerait à… 1km/h !!!

Si des mesures d’extrême précaution ont été prises (bondes d’épandage plus efficaces et économes, distance de sécurité de 3 à 10 mètres avec les cours d’eaux et habitations, traitement de nuit car plus performant à cause de l’humidité…), il faut enfin vouloir comprendre que pour d’évidentes raisons économiques, moins l’agriculteur a recours à des pesticides, mieux financièrement il se portera. Le paysan ne les utilise pas pour plaire ou pour le plaisir mais par stricte nécessité, d’autant plus que sur le marché aujourd’hui il n’y a pas de produits de substitution performants et offrant de bonnes garanties pour l’environnement !

Il en est de même pour le bien-être animal avec les actions illégales mais médiatisées de certains groupuscules antispécistes qui s’attaquent, pêle-mêle, aux éleveurs, aux abattoirs, aux bouchers… Nul n’a obligé quiconque à manger de la viande, et être végétarien est un droit respectable, mais pour autant, se servir d’images spectaculaires, choquantes certes, mais pas représentatives, pour jeter le discrédit sur toute la filière de l’élevage, de l’abattage ou de la transformation est inacceptable. C’est un peu comme si un non-initié regardait toute une saison de TOP14 et jugeait le rugby sur deux ou trois fautes manifestes. Beaucoup a déjà été fait pour le bien-être animal mais j’aimerais que certaines âmes sensibles aient autant d’attention pour… la misère humaine !

Je sais que ces quelques lignes seront considérées par quelques-uns comme « pas politiquement correctes » mais j’assume tout. Je pense qu’il faut en finir avec ce dénigrement irrationnel de notre agriculture et de nos paysans tant il est contre-productif et dangereux.

Les mêmes qui veulent donner des leçons ici sont ceux qui ferment les yeux sur ce qui se passe ailleurs (le « fameux » jambon espagnol fait à partir de cochons qui ingurgitent des farines animales, le riz transgénique indien ou les légumes « bio » d’Amérique du Sud…).

La Table Française est inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, et une gastronomie sans agriculture est une… gageure !

Amitiés,

Philippe FOLLIOT    

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