« Une certaine idée de la France » – Tribune Philippe FOLLIOT

130 ; 80 ; 50. Si cette série de nombres ne vous dit rien, elle structurera assurément l’an qui vient ! En 2020, nous allons célébrer les 130 ans de la naissance de Charles de Gaulle (22 novembre 1890), les 80 ans de son célèbre « appel » (18 juin 1940) et oui déjà les 50 ans de sa mort (9 novembre 1970). 2020 sera marquée de l’empreinte de De Gaulle, c’est une évidence.

« Tout le monde a été, est ou sera Gaulliste » aime à rappeler mon ami l’ancien Président du Conseil constitutionnel le fidèle Gaulliste Jean Louis Debré et on ne peut lui donner tort. En effet nombreux sont ceux qui aujourd’hui se réfèrent, voire récupèrent, le Général de Gaulle et son image . Pour moi, il y a deux choses distinctes : l’Histoire et les leçons tirées de l’Histoire.

L’Histoire du destin exceptionnel de cet homme exceptionnel au parcours exceptionnel, elle s’écrit tous les jours tant les articles, livres, reportages sur celui qui aura plus que conduit, mieux que guidé mais incarné la France sont nombreux. Pour moi, ce qui importe à ce niveau, c’est la notion de RESPECT pour ce que cet homme a fait pour notre pays, pour son image et pour sa grandeur !

Il a tellement marqué l’Histoire contemporaine que sa trace est perceptible et son empreinte visible partout, ici et aussi ailleurs, et de cela, dans le cadre de mes nombreux déplacements parlementaires, je pense pouvoir en témoigner. Pour moi, cette année commémorative qui s’annonce ne doit pas être hagiographique mais lucide, car comme tout homme, il a eu sa part de faiblesse voire d’ombre (« abandon » des harkis en 1962), mais surtout elle doit être l’occasion de rappeler combien nous vivons encore sur son héritage et sur ce qu’il a laissé, des stables institutions de la Ve République à une place privilégiée dans le concert des Nations (membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies…) en passant par des choix en matière d’infrastructures et de politique énergétique, de transport, de défense, industrielle… dont nous tirons encore et toujours quelques dividendes ! Lui n’avait pas dans le viseur la prochaine élection mais la prochaine génération !

Les leçons de l’Histoire, c’est qu’aujourd’hui il n’y a plus de parti gaulliste dans l’échiquier politique et que nul mouvement ne peut se prévaloir d’une quelconque continuité voire incarnation de l’héritage politique du Général. Bien entendu, les opportunistes de tout poil, plus particulièrement les populistes, liés à des familles politiques qui en leur temps ont lourdement combattu voire voulu assassiner le Général, essaient aujourd’hui-même de le récupérer, mais la ficelle est si grosse que cela ne saurait tromper quiconque.

Plus sournoisement, il y a les autres qui voudraient à bon compte profiter d’une image pour se faire; ou refaire, une virginité. Personne ne peut dire ou se prévaloir sur tel ou tel sujet du moment « le Général de Gaulle aurait pensé ou dit ou fait ceci ou cela ! ». Balivernes !

En revanche, ce que je sais et dont je suis sûr, c’est que dans la difficulté, face à l’adversité, jamais il n’a tergiversé, jamais il n’a renoncé, jamais il n’a lâché l’Essentiel. L’Essentiel, pour lui, c’était l’intérêt supérieur du pays, l’Essentiel pour lui, c’était l’unité du pays, l’Essentiel pour lui c’était les équilibres financiers du pays, l’Essentiel pour lui, au-delà du quotidien, c’était une vision à moyen et long terme !

En résumé, l’Essentiel pour lui c’était… « une certaine idée de la France » !

Amitiés,
Philippe FOLLIOT

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