Pérégrinations autour d’un mot : SPORT

« Mens sana in corpore sano »… « Un esprit sain dans un corps sain », quel vœu plus pertinent pourrions-nous faire dans cette si inédite et particulière période de confinement.

Pour beaucoup, la pratique sportive régulière est, au-delà de défis personnels et d’une forme d’hygiène de vie, un élément essentiel de bien-être qu’il est parfois difficile d’assouvir dans le huis clos d’un appartement. Profitant de l’heure de sortie quotidienne, de plus en plus de citadins courent autour de leur « pâté de maisons » pour, tant bien que mal, essayer de se maintenir en forme…

Le sport en France, c’est aussi plus de 15 millions de licenciés dans plus de 110 fédérations sportives qui ont toutes suspendu ou arrêté définitivement la saison en cours, qui prend, de fait, une tournure très particulière. L’arrêt des compétitions est, bien entendu, un choc pour tous les sportifs concernés, pour leurs dirigeants, pour leurs éducateurs et l’ensemble des bénévoles… Toutes les fédérations ont, bien entendu, pris conscience de ces enjeux et essayé d’organiser les choses au mieux pour ne pénaliser personne et garder un subtil équilibre entre équité sportive et contrainte sanitaire.

Le sport en France, c’est aussi une Economie ; c’est à dire toutes ses activités qui tirent une partie voire la totalité de leurs revenus du monde sportif. Cela passe, bien entendu, par les fabricants de matériels et d’équipements, les infrastructures des collectivités territoriales, les professionnels de la restauration et des transports, certains acteurs de la santé, les assurances… Tout cela représente plus de 90 milliards d’euros de chiffre d’affaires et près de 450 000 emplois directs et induits, donc un secteur clé de l’économie nationale qui, à l’instar de beaucoup d’autres, va souffrir et ce d’autant plus qu’il n’y a pas de logique d’achats différés dans ce domaine où tout ce qui est perdu ne pourra, pour l’essentiel, jamais être rattrapé.

Le sport en France, c’est aussi tout un secteur professionnel qui joue un rôle essentiel en termes d’image, de dynamique sociétale mais aussi et surtout en termes de lien social. Aller au stade ou en salle pour soutenir son club de cœur ou son équipe favorite, dans les sports collectifs en particulier, est un rituel dont sont privés nombre de nos compatriotes, dont je fais partie, pour qui ce moment de vie et d’ivresse collectives est essentiel. Nul ne sait quand le déconfinement arrivera et quelles en seront ses modalités… si celles-ci permettront ou pas les grands rassemblements de supporteurs mais ce qui est certain, c’est que beaucoup attendent cela avec impatience !

Le sport professionnel en France et dans le monde est durement touché par l’ampleur et les conséquences de cette crise qui mettra à mal l’équilibre financier voire le modèle économique des championnats, des clubs voire même des ligues et des fédérations. On parle de situations difficiles et même critiques avec perte de recettes, baisse des salaires, conséquences sur tous les emplois… pouvant, à l’extrême limite, entraîner la faillite de tout un écosystème ? En effet, la fin de la saison est un casse-tête difficile et douloureux ; il est même à se demander si les titres de Champions pourront encore être attribués… Le report pur et simple de tournées, de grandes compétitions internationales, des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo ne manqueront pas de poser de nombreuses difficultés économiques et financières pour les pays, les collectivités territoriales ainsi que pour l’ensemble des professionnels qui, profitant de ces compétitions printanières et estivales, augmentent de manière conséquente et stratégique leur chiffre d’affaires.

Plus localement et personnellement, le stade « Pierre Fabre » de Castres me manque, son ambiance, l’adrénaline du supporteur qui vibre, qui crie, qui chante, qui vit son match pleinement et entièrement. En fait, c’est ce besoin de se retrouver « tous ensemble » derrière le Castres Olympique, qui nous a tant ravi et fait vibrer ces dernières années, qui m’anime.

L’Homme est un animal grégaire qui éprouve le besoin de vivre de belles émotions collectives et partagées. Et, presque seul le sport peut les procurer. Nous prenons notre mal en patience et… vivement le match prochain !

Amitiés,
Philippe FOLLIOT

 

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