Pérégrinations autour d’un mot : DÉCONFINEMENT

Aujourd’hui, un mot en plein dans l’actualité : déconfinement. Les mesures que va présenter le Premier ministre demain au Parlement sont particulièrement attendues, et je ne vais ni les commenter en avance, ni les critiquer en avance. En fait, la question que l’on doit collectivement se poser est « est-ce qu’un pays peut rester plus de deux mois quasi à l’arrêt ? ».

Une première chose est sure : le virus est bien là et seulement, 6% de la population, soit peu ou prou 4 millions de personnes l’auraient contracté, loin du seuil d’« immunité collective » fixé à 60% ; tout cela vous le savez.

Une deuxième chose est sûre : il faudra vivre avec, et notre vie déconfinée ne sera pas celle d’avant, ne serait-ce qu’avec la nécessaire poursuite, pour ne pas dire l’amplification, des gestes barrières.

Une troisième chose est sûre : il y aura une deuxième vague, l’important est donc de prendre les mesures nécessaires pour en limiter l’ampleur.

Une quatrième chose est sûre : notre pays doit absolument redémarrer, car avoir près de la moitié des salariés du secteur privé payés par l’Etat coûte 2 milliards d’euros par jour et cela ne peut pas durer indéfiniment.

Une cinquième chose est sûre : alors que par exemple l’Allemagne s’est moins arrêtée que nous, et redémarre plus vite, si nous ne réduisons pas l’écart avec nos principaux partenaires, notre retard risque de se creuser de manière irrémédiable avec toutes les terribles conséquences financières, économiques et sociales.

Une sixième chose est sûre : comme nous avons choisi de ne pas diminuer les dépenses, de ne pas augmenter les impôts, c’est la dette qui sera supérieure de 90 milliards d’euros de plus, et va atteindre 115% du PIB et avec un déficit du budget de l’Etat de… 9% !

Une septième chose est sûre : ce sont les générations futures, nos enfants et petits-enfants, qui vont devoir rembourser cette dette, qui représente déjà 40 000€ par Français.

Une huitième chose est sûre : plus vite et plus fort l’activité économique repartira, moins les déjà très lourdes conséquences financières puis sociales seront fortes.

Une neuvième chose est sûre : nous devrons adapter le principe de responsabilité des acteurs publics (maires) ou privés (chefs d’entreprises) qui seront en première ligne de cette stratégie de déconfinement. « Lou Biaïs », le bon sens paysan, devrait être la norme ; et on ne devrait pas pénaliser ceux qui ont voulu prendre des initiatives avec l’intention de bien faire.

Une dixième chose est sûre : nous devrons profiter de cette crise pour accélérer la transformation de notre société (aménagement du territoire, transition écologique, solidarité intergénérationnelle…).

Une onzième chose est sûre : les compétitions des pays et des blocs vont, avec cette crise, s’exacerber, et si nous voulons préserver notre modèle démocratique, nous devrons être à même de le défendre sur tous les plans.

Une dernière chose est sûre : il faut que je m’arrête là, car en début de semaine, mon objectif n’est pas de vous « mettre le bourdon », mais juste d’attirer l’attention sur notre devoir de responsabilité collective pour faire face à cette crise sanitaire, puis financière, puis économique, puis sociale qui s’ouvre à nous.

Si le pire n’est jamais sûr, avoir conscience qu’il peut arriver est déjà le début de la solution.

Bon courage à toutes et tous,

Amitiés,
Philippe FOLLIOT

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