Pérégrinations autour d’un mot : CULTURE

Pour être très honnête et franc avec vous, mon éveil à la culture a été assez tardif, et il faut dire que dans mon milieu d’origine, à la fois populaire et rural, l’intérêt global et ambiant pour les Arts était très… relatif ! Même si enfant, avec mes parents ou en voyage scolaire, j’avais visité quelques lieux de patrimoine, je devais avoir quinze ans quand je suis allé pour la première fois au cinéma, et j’ai dû attendre d’être étudiant pour aller visiter mon premier musée, découvrir ma première exposition, aller régulièrement à ma première bibliothèque, écouter mon premier récital classique, assister à mon premier concert rock…

Depuis, j’essaie de rattraper mon retard et regrette une attention toute relative aux cours de musique et d’arts plastiques… quand ils avaient lieu, et avec envie, pour ne pas dire par moment avec frénésie, je lis, j’écoute, je regarde, je visite et aimerais pouvoir jouer, danser, sculpter, peindre et… bien écrire !

En fait, aujourd’hui, avec l’âge et le recul, je pense que la culture ce n’est pas important… mais essentiel ! Dans un environnement compliqué, difficile, et même en ce moment stressant, passer du temps pour admirer ou écouter quelque chose de beau est très réconfortant.

Le caractère intemporel de l’art qui fait que deux êtres d’époques différentes, de sensibilités différentes, d’ethnies différentes, de religions différentes, d’opinions différentes, de classes sociales différentes puissent ressentir in fine les mêmes émotions devant un tableau, une sculpture, un monument, un concert, un ballet… m’a toujours fasciné. Personne d’autre que l’artiste ne peut de par son œuvre tutoyer une forme d’immortalité…

Dans ce cadre originel et évolutif qui est le mien, avoir la chance, pour ne pas dire le plaisir, de faire partie de la première promotion du Cycle des Hautes Etudes de la Culture (CHEC) est un immense honneur.

Je mesure cela d’autant plus que mon « CV culturel » est particulièrement mince au regard de celui de mes camarades, même si en ma qualité d’élu et notamment de député du Tarn j’ai soutenu de grands projets culturels de mon territoire, au premier rang desquels, en 2010, le classement de la cité épiscopale d’Albi au Patrimoine Mondial de l’Humanité porté par mon ami Philippe BONNECARRERE. J’ai aussi appuyé divers projets tels que les rénovations ou acquisitions du musée Toulouse Lautrec à Albi et Goya à Castres, et essayé d’aider un certain nombre de festivals tels que « Pause Guitare » ou « Tons Voisins » à Albi, « A portée de rue » ou « Forum » à Castres, « Real Croche » à Réalmont, « Mascarades » à Alban, « Musique en vallée du Tarn » à Trébas…

Même si j’ai été l’un des initiateurs de la refondation du musée du protestantisme « de la réforme à la laïcité » de Ferrières et ai créé La Bibliotèca à Saint-Pierre de Trivisy – pôle culturel original en milieu rural autour de la première bibliothèque-restaurant de France, accueillant médiathèque, concerts, conférences, galerie d’art et maison d’édition –, cela est très peu face à la qualité des personnes qu’il m’est donné la joie et le plaisir de côtoyer.

Au-delà d’un programme de conférences, réunions et visites d’une exceptionnelle qualité, c’est cette diversité des parcours, cette richesse des expériences, cette ouverture des esprits, cette simplicité des relations, cette sensibilité des approches, cette sympathie des contacts… qui me touche beaucoup et, pour aussi finir avec honnêteté et franchise avec vous, du fait de la mise en parenthèse du CHEC pour cause de Covid-19 jusqu’à septembre, il commence à beaucoup me manquer !

Amitiés,
Philippe FOLLIOT

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