Olivier CADIC: Discussion du Projet de loi « Travail » au Sénat

Sénateur Olivier Cadic : «Nous sommes le dernier grand pays européen à ne pas réussir à engager les réformes nécessaires pour simplifier le droit du travail»

 Le Sénat a débuté lundi l’examen du projet de loi Travail. Les sénateurs UDI-UC ont exprimé la position de la majorité sénatoriale et les points d’intérêt particuliers du groupe UDI-UC : priorité du niveau d’entreprise pour le dialogue social, simplification et adaptation du code du travail aux réalités économiques afin de faciliter les embauches et améliorer la compétitivité…

Intervenant au nom du groupe UDI-UC lors de la discussion générale, Olivier CADIC, sénateur des Français de l’étranger,  a pointé « un double problème : le poids de la réglementation et l’absence de dialogue social constructif.  » Il a expliqué pourquoi le premier est la conséquence du second.
En effet, en « l’absence de dialogue social constructif », les partenaires sociaux s’en remettent à l’Etat, ce qui explique notre propension à prévoir tous les cas de figure dans la loi, au lieu de s’en tenir aux dispositions d’ordre public.
Pour illustrer le « poids de la réglementation », le sénateur Cadic a brandi notre code du travail d’une main et le code du travail suisse de l’autre qui paraissait bien mince en comparaison : « Voilà un objectif de simplification ! » s’est-il exclamé, rappelant que « chaque matin 180.000 compatriotes quittent la France pour aller travailler en Suisse. Ils quittent le code du travail français, lui préférant le code Suisse ».

Le chef de file de l’UDI sur ce texte a déploré que nous soyons « le dernier grand pays européen à ne pas réussir à engager les réformes nécessaires pour simplifier le droit du travail ».
Pour le sénateur, « il faut simplifier, aller à l’essentiel, à ce qui doit être le socle commun de règles qui ne peuvent faire l’objet de dérogations, et à laisser le reste à la négociation collective ». C’est pourquoi il a indiqué avoir déposé, avec certains de ses collègues, des amendements « qui vont dans le sens de la simplification et qui évitent de sur transposer les directives européennes ».
Une ligne directrice fidèle au pacte fondateur de l’UDI et aux valeurs historiques du centre, citant même à la tribune l’ancien président Valery Giscard d’Estaing sur sa définition du libéralisme : « Pour moi, être libéral, c’est être partisan d’une évolution politique, économique et sociale fondée sur le transfert aux individus isolés ou organisés des responsabilités de décision, de comportements et de choix ».
Olivier Cadic a également déploré que « notre code du travail n’incite pas les entreprises à embaucher. Elles préfèrent le sous-emploi, la sous-production plutôt que le risque de ne pouvoir licencier si les résultats ne sont pas au rendez-vous. Lorsqu’une entreprise procède à un licenciement économique, la France est le dernier pays de l’OCDE à permettre au juge d’en vérifier la réalité en analysant les résultats du groupe au niveau international ».
En conclusion, il a formulé le vœu « que l’on trouve le courage de ne pas céder aux corporatismes, au défaitisme et que l’on tourne le dos au dogmatisme pour choisir le pragmatisme ».

Olivier CADIC

Sénateur des français de l’étranger

Délégué général de l’Alliance centriste