Journée de l’Europe

Chers amis centristes,

Hier, lundi 9 mai, dite « journée de l’EUROPE », devait être pour nous l’occasion de rappeler avec passion et conviction, que ce long chemin qu’a été et qu’est encore la construction européenne constitue la clé de voute de notre engagement politique !

C’est en effet le 9 MAI 1950 que ROBERT SCHUMAN, dans une déclaration qui a marqué l’histoire, a posé les jalons d’un mouvement de réconciliation et, avant tout, d’une nouvelle vision sans concession d’un monde nouveau et porteur de progrès.
La CECA est née de cette déclaration forte et, imaginons-le, il n’était pas simple, dans cet après-guerre terrible, de prôner un rapprochement et une mise en commun.
Des ressources en charbon et en acier -quel symbole !- de la France et de l’Allemagne…

Mais ce fut le cas et portons donc un regard admiratif et quelque peu affectueux sur cette catégorie d’hommes d’ETAT capables de dépasser les visées simplistes, démagogiques et à courte vue de leurs collègues !
Au vrai -et chaque jour en apporte hélas la preuve -ca n’est pas si courant…
« Je préfère être impopulaire qu’irresponsable » disait -avec quelle lucidité RAYMOND BARRE, autre grand dirigeant rattrapé par les remontées marécageuses et médiocres du microcosme.

Mais souvenons-nous aussi qu’il y a  ce jour presque 60 ans -jour pour jour que se tenait à BRUXELLES au palais VAL PRINCESSE, ça ne s’invente pas, la conférence intergouvernementale.
Des 6 sur 2 dossiers à savoir :
– le projet de marche commun
– le projet EURATOM

Autres temps autres mœurs, le président du conseil français était GUY MOLLET, à une époque où notre pays était tragiquement englué dans la guerre d’ALGERIE.

Alors, chers amis, ce qui est intéressant dans cette affaire, c’est que cette conférence a été conduite par la France d’une façon qui peut paraitre aujourd’hui surréaliste.
A savoir qu’elle voulait à tout prix aboutir sur EURATOM mais tout faire pour essayer de torpiller le projet de marché commun !
Le côté amusant, si on peut dire, est qu’on retrouve toujours les mêmes arguties et les mêmes frilosités chez nos gouvernants et les lobbies qui les inspirent : c’est la crainte, la peur de la concurrence, la volonté farouche de défendre des rentes de situation, des avantages acquis et avant tout, et c’est toujours aussi désolant, la peur d’aller de l’avant, de se confronter aux nouvelles réalités.

Et il est de fait que la France, à cette conférence, a mis sur la table des catalogues de conditions préalables, de délais d’adaptation, de motifs de blocage que ce fameux marché commun a bien failli capoter !

Français si vous saviez !

Et l’histoire est tragiquement cruelle puisque c’est à la suite du désastre de l’expédition de SUEZ et l’humiliation absolue subie par notre pays pour que ses dirigeants comprennent, enfin, que la France ne serait plus rien et ne compterait plus si elle restait isolée.
C’est ainsi que put commencer l’aventure du traité de ROME, et elle n’est pas achevée.

Alors quelles leçons pour nous centristes, 60 ans ou 66 ans après ?

La première est que, bien entendu, cette « ardente obligation » est plus que jamais valable !

Ça n’est pas ou plus une option, c’est une question de survie !

La seconde est qu’il s’agit d’un combat à mort -nous ne sommes pas naïfs- contre les forces de la sape, du découragement, du mensonge et de la capitulation.
Car qui peut croire une seconde que, si par malheur, on démolissait l’édifice, on ne se retrouverait pas, à court ou moyen terme, vassalisés par les uns ou les autres.

La troisième – et c’est notre honneur – est que le travail est loin d’être achevé et qu’il faut travailler dur pour :
Convaincre ;
Evaluer ;
Reformer ;
Proposer ;
Et se concentrer sur les vrais sujets.

Si on veut être écoutés et respectés, on doit être clairs, forts et fermes sur nos bases !
L’exemple du TAFTA est actuellement une caricature : on ne négocie jamais en position de faiblesse sinon le résultat est écrit d’avance ! Et ça n’est pas acceptable.

Restons donc à la fois passionnés et lucides sur ce chantier dont les fondations demandent déjà quelques contrôles techniques.
Beaucoup a été fait et seule la mauvaise foi peut nourrir des mauvais procès.
L’ouverture des pays, la libre circulation, les échanges de jeunes, la modernisation de secteurs entiers telle l’agriculture française, la monnaie unique qui nous protège et sécurise notre épargne et bien d’autres…

Beaucoup de sujets lourds liés, en particulier, au contexte international, nous impactent fortement mais la question qui se pose alors est double, à savoir :
– Serait ce très diffèrent sans l’EUROPE ?
– N’y a-t-il pas aussi, au fond, une responsabilité de nos pays qui, d’une part s’arc boutent sur des ersatz d’égoïsmes nationaux ou de prétendues souverainetés ?
– Et donnent-ils à l’EUROPE les moyens nécessaires à des politiques communes ou mutualisées ?

La réponse est limpide c’est NON !

Chers amis,
LA France N’EST RIEN SANS L’EUROPE
L’EUROPE N’EST PAS SANS LA FRANCE

Ce combat est toujours le nôtre et il faut le nourrir. Les sujets ne manquent pas et nous devons, nous centristes, en être les fers de lance !
Nous devons en convaincre les générations montantes qui bénéficient déjà largement de cette « nouvelle frontière » dont parlait JF KENNEDY.

Et nous devons aussi faire sortir notre pays de la honte qui consiste à envoyer au Parlement européen des cohortes de personnages qui n’y font que de l’obstruction ou de la présence médiatique !

Paraphrasant SIEYES et son pamphlet sur le tiers état nous devrions écrire nous centristes : « Qu’est-ce que l’EUROPE ? »  TOUT !
Qu’a-t-il été jusqu’ à présent dans l’ordre politique ? RIEN !
Que demande-t-il ?  A Y DEVENIR QUELQUE CHOSE
« SOYONS ENFIN DIGNES DE SCHILLER ET DE BEETHOVEN et de l’hymne à la joie » !
Vive l’EUROPE ET VIVE LE 9 MAI !

Michel Champon

Secrétaire général en charge du projet et des études