Qui a peur de Marine Le Pen ?
Publié le 17/02/2011
Sarkozy encourage le trio Borloo-Morin-Arthuis mais fixe une ligne rouge aux centristes de l'UMP Judith Waintraub La confédération des centres doit voir le jour mi-avril, mais ses futurs dirigeants, qui se sont vus mardi soir, sont toujours divisés sur la stratégie à adopter pour la présidentielle.
MAJORITÉ Y aller ou pas ? Invité - « par Jean-Louis Borloo et Laurent Hénart », précise Marc-Philippe Daubresse - à participer à la mise en chantier de la confédération du centre, le chef de file des centristes de l'UMP a pris la précaution de sonder Nicolas Sarkozy. Il a profité du petit déjeuner des dirigeants du parti présidentiel à l'Élysée, lundi, pour obtenir son feu vert. Il a reçu des encouragements assortis d'un avertissement : « Oui à la diversité, oui aux débats, mais ceux qui provoqueront la division me trouveront sur leur route », a prévenu le chef de l'État. Il a rappelé la « ligne rouge » : « Les centristes de l'UMP restent à l'UMP. » Selon lui, « si on multiplie les sous-partis, les sous-groupes, alors on aura une sous-représentation, et donc la défaite » .
C'est donc muni de cette « feuille de route » que Marc-Philippe Daubresse, accompagné de Pierre Méhaignerie et d'autres gradés centristes de l'UMP, s'est rendu le lendemain, c'est-à-dire mardi soir, à la réunion prévue entre Jean-Louis Borloo, président du Parti radical, Hervé Morin (Nouveau Centre), Jean Arthuis (Alliance centriste) et Jean-Marie Bockel (Gauche moderne). L'entourage d'Hervé Morin jure qu'il ne s'attendait pas à ce débarquement en force de l'UMP. Laurent Hénart, secrétaire général du Parti radical, affirme au contraire que « tout le monde était prévenu » .
« Deux conditions »
Un désaccord mineur, comparé aux divisions qui règnent chez les centristes sur la stratégie à adopter en 2012. « On est d'accord pour se coordonner et pour poser les bases d'un projet plus humaniste à l'intérieur de la majorité » à « deux conditions », précise Marc-Philippe Daubresse : « Primo, on reste dans notre port d'attache UMP et on honore jusqu'en 2012 le contrat qu'on a passé avec Nicolas Sarkozy ; secundo, cette confédération, qui ne sera pas un parti, s'inscrira clairement dans la majorité présidentielle. »
« Comment une confédération dont un parti intitulé Gauche moderne serait membre pourrait-il être ancrée à droite ? » interroge Jean Arthuis. Invité hier du « Talk Orange-Le Figaro », le président centriste de la commission des finances du Sénat a rappelé qu'il était, avec Hervé Morin, à l'origine de l'idée de confédération. « Voilà que, subitement, Jean-Louis Borloo, Pierre Méhaignerie et les centristes de l'UMP manifestent un désir de centre , s'est-il réjoui. Prenons quelques semaines pour parler, pour mettre sur la table nos idées, pour esquisser un projet centriste. »
Arthuis veut croire que Borloo « partage la conviction » qu'un centriste doit se présenter à la présidentielle. « Peut-être qu'il a la sagesse de penser qu'avant d'avoir un candidat, il faut un projet », a-t-il suggéré pour expliquer que l'ex-ministre de l'Environnement ne se soit pas encore prononcé sur le sujet. Le sénateur de la Mayenne est d'autant plus indulgent qu'il est lui-même en opposition avec les autres centristes sur l'attitude à adopter vis-à-vis de François Bayrou. « Nous devons être ouverts à tous les centristes » , a-t-il répété hier.
Ces divergences peuvent-elles s'aplanir ? « Nous avons dit hier soir que nous nous donnions deux mois , a annoncé Jean Arthuis. C'est dans la deuxième quinzaine d'avril que le pas décisif doit être accompli. » Ou pas, si les sensibilités centristes échouent à s'entendre sur la rupture avec l'UMP, préalable incontournable à une candidature centriste en 2012.








