Le futur emprunt ne doit pas être un geste de communication politique
Publié le 29/06/2009
Jean Arthuis: Le futur emprunt national ne doit pas être "un geste de communication politique" et n'aura de sens que si les Français y souscrivent à des "conditions avantageuses pour l'Etat", a estimé vendredi le président centriste de la commission des Finances du Sénat, Jean Arthuis. "L'emprunt aurait du sens si c'était véritablement un élan national, si on demandait aux plus fortunés d'entre nous de mettre la main à la poche pour souscrire à cet emprunt à des conditions de taux qui seraient symboliques", a-t-il dit sur la radio BFM. "Si vraiment les citoyens font un effort en mettant un peu d'épargne à disposition de l'Etat à des conditions très avantageuses pour l'Etat, alors oui, ça a du sens de faire un grand emprunt national", a-t-il poursuivi. "Mais s'il s'agit d'un emprunt national dont le taux d'intérêt serait celui du marché, quelque fois même un petit peu au-dessus comme on l'a vu dans le passé", ce ne serait pas "dans l'intérêt du budget de l'Etat", a-t-il prévenu, tout en mettant en garde contre "un geste de communication politique". Le chef de l'Etat a annoncé lundi que cet emprunt, qui sera financé par les marchés ou les particuliers, devrait servir à financer les "priorités stratégiques" de la France. M. Arthuis a rappelé que "le recours à l'emprunt", l'Agence France Trésor "le pratique tous les jours pour prendre en charge les déficits publics", qui devraient dépasser 7% du PIB en 2009. Jugeant ce déficit "plus que préoccupant", le sénateur a aussi fait état d'un "emballement de la dette publique". "Imaginez que demain il y ait une pression à la hausse sur les taux d'intérêt, ceci mangerait les marges de manoeuvre du budget", a-t-il averti. "Nous devons rester très mobilisés sur le terrain des réformes et sur la réduction des déficits structurels", a-t-il préconisé.








