La règle d'or n'en est pas une
Publié le 31/07/2011
Jean Arthuis rejette la règle d'or telle que présentée par la majorité.
Sarkozy doit-il convoquer le Congrès à Versailles pour faire voter la "règle d'or" contre les déficits?
Cette règle d'or n'en est pas une au sens strict du terme. En théorie, elle devrait interdire le financement des dépenses courantes par l'emprunt. Or nous continuerons à nous endetter pour payer les traitements des fonctionnaires, même avec ce texte. Si le chef de l'État convoque le Congrès pour aboutir à un échec, il sera suspecté de mener une opération de gesticulation politique. Les réformes dont nous avons besoin pour redresser le pays nécessitent de sortir du clivage droite-gauche.
Vous critiquez la préparation du budget 2012...
Il est construit sur une hypothèse imprudente. Le gouvernement table sur une croissance de 2,25% qui le conduit à sous-estimer les efforts à accomplir. Cet excès d'optimisme nourrit le scepticisme. Pour tenir l'objectif de réduction du déficit, 10 milliards d'économies supplémentaires sont nécessaires. Par précaution, il faudrait faire une hypothèse de croissance à 1,5%. À l'avenir, nous devrions confier la prévision à un institut indépendant, comme en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas, afin d'éviter un biais trop optimiste.
Quels efforts préconisez-vous?
Je constate qu'il est difficile de faire des économies. Le gouvernement prévoyait cette année 5% de baisse des dépenses de fonctionnement et d'intervention, mais la réduction tourne en réalité autour de 1%. Or il faudrait diminuer les crédits de 2,5 milliards d'euros environ et raboter les niches fiscales les plus coûteuses à hauteur de 4 à 5 milliards d'euros. Je préconise aussi une hausse de la CRDS de 0,25% minimum pour apurer les dettes de la Sécurité sociale. Cela rapporterait 2,5 milliards d'euros. La crise grecque devrait avoir une vertu pédagogique. Les Français ne veulent plus qu'on leur raconte des histoires, ils ont compris que la souveraineté risque de s'envoler.








