La réforme fiscale n'est ni un choix, ni une possibilité, mais une obligation
La cohérence des prélèvements obligatoires doit traduire l'importance des enjeux de notre pacte républicain. Or le dispositif est devenu un monstre de complexité, sans cesse ravaudé, amendé, bidouillé à la marge, pour le plus grand bonheur de tous les optimiseurs. Est-il légitime de financer nos régimes de santé et de politique familiale par des cotisations assises sur les salaires, comme si la santé et la famille étaient l'affaire des seuls salariés ? En attendant l'indispensable « grand soir » fiscal, nous fixons l'objectif de privilégier des impôts simples, des assiettes larges et des taux modérés, pourchassant les niches et autres dérogations qui faussent tout, cette « mauvaise herbe » fiscale. Il convient de trouver le bon équilibre entre impôt sur le revenu dont la progressivité est au cœur de l'équité, et taxes sur la consommation. Le principe des exonérations comme réponse « quasi automatique » aux rééquilibrages permanents à opérer, n'ont pas favorisé jusqu'ici le retour à l'abondance.
Nous préconisons la suppression du bouclier fiscal qui est un instrument qui fonctionne quand nous pouvons baisser les impôts mais qui nous revient comme un boomerang quand il faut redresser les comptes. Au surplus, il s'applique au revenu fiscal et non pas au revenu de référence dont sont soustraits tous les abattements, réductions d'impôt, déductions et défiscalisations. C'est par conséquent une injustice. Le bouclier fiscal est une mauvaise réponse à un mauvais impôt, l'ISF, que nous n'avons pas eu le courage d'abroger. Nous proposons en conséquence la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF) ; ce vieux tabou de la République doit être levé sans état d'âme. Afin de pallier aux 3 milliards d'euros qui manqueront après l'abrogation de l'ISF, créons une nouvelle tranche d'impôt à 45%, pour la part des revenus supérieure à 150 000 euros par part. C'est un signal courageux qu'il nous faut envoyer. Il s'impose. Reste à l'inscrire.
La justice sociale doit apparaître comme ce qu'elle est : notre priorité.








