L'UDF n'est ni de droite ni de gauche mais au centre: rappel par Yves Marchand
Publié le 02/12/2009
Ce qui faisait l’originalité de l’UDF, c’était son double héritage issu de la démocratie chrétienne d’une part et de la tradition libérale (indépendants et paysans) d’autre part.
I / La fusion avait été possible grâce à l’intelligence politique de Jean Lecanuet et à la primauté de Valéry Giscard d’Estaing. Si François Bayrou a pu incarner un moment l’UDF, l’expérience ne s’est pas prolongée très longtemps dès lors que son ralliement à Edouard Balladur d’abord, à Jacques Chirac ensuite ont, pour longtemps, tari l’inspiration de ce parti. Les avatars de l’UDF, fractionnés en Modem et en Nouveau centre, l’ont à jamais rendue invisible sur l’échiquier. Les tentatives tendant à la faire renaître de ses cendres ne sauraient aboutir tant que l’on n’aura pas renoué avec une tradition éloignée de tout caporalisme et de tout corporatisme.
II / Car doivent s’ajouter les exigences et contingences militantes qui font les partis. Le Nouveau centre n’a pas de troupes et le Modem n’a plus que des militants qui s’inspirent d’une tout autre tradition. Bref, l’UDF est morte après avoir rassemblé plus de 220 députés, des centaines de maires, de conseillers généraux et de conseillers régionaux au nombre desquels j’ai eu l’honneur d’être dénombré. Puisque, même les civilisations sont mortelles, il n’y a pas à le regretter. Il y a simplement à le constater.
Mais il serait malhonnête, de la part de quiconque, de tenter de faire croire qu’elle existe encore pour ne servir que de faire-valoir à l’UMP. Ce serait ravaler l’UDF au rang de mouvement électoral d’appoint ou de pompe à finances publiques, ambitions qui pourraient d’ailleurs se recouper, mais en aucun cas permettre de redonner à ce grand mouvement des années 1970 l’ambition utopique de rassembler 2 Français sur 3. D’autres, par différents moyens, semblent s’y essayer. Mais aucun, en empruntant l’aile gauche, comme le Modem, ou l’aile droite, comme le Nouveau Centre, ne sont en mesure d’y parvenir.
Yves Marchand, Avocat au barreau de Paris, Ancien député-maire de Sète








