L'étude du projet de loi de finances promet des heures chaudes au Sénat
Publié le 19/11/2010
Tollé après le coup de force de Baroin 19 novembre 2010François Baroin les a en effet contraints à une seconde délibération ayant pour but d’annuler 39 amendements. Ces derniers avaient été adoptés, il est vrai, contre l’avis du gouvernement en séance publique. Contrainte de se dédire, la majorité grogne. « Je suis rapporteur du budget depuis 2002, c’est la première fois que nous avons une seconde délibération remettant en cause autant de votes », grince Gilles Carrez, député UMP du Val-de-Marne. Président UMP de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie qualifie la décision de « stupéfiante et irréelle ». « Le gouvernement a le droit et la capacité d’annuler quelques amendements, mais 39 d’un coup, je n’ai jamais vu cela… » s’indigne le député d’Ille-et-Vilaine. D’autant que parmi les mesures retoquées figuraient des dispositions pour faire réaliser des économies à l’Etat.
Déjà échaudé par l’éviction des ministres centristes du gouvernement, François Sauvadet, le président du groupe Nouveau Centre, n’a pas caché non plus son agacement : « Monsieur le ministre, vous venez de nous présenter, c’est une première dans l’histoire, une série d’amendements qui remet en cause un travail parlementaire nourri », s’est-il insurgé. A gauche aussi, l’heure est à la colère. « C’est piétiner le Parlement et la pire façon de commencer pour le nouveau gouvernement », critique Pierre-Alain Muet, député PS du Rhône.
Face au tollé, Christine Lagarde a hier matin volé au secours du ministre du Budget qui a justifié le passage en force par le fait que les amendements en question compromettaient la politique de réduction des déficits publics. « François Baroin a été très ferme et il a eu raison », a estimé la ministre de l’Economie et des Finances.
Il reste désormais à passer l’épreuve du Sénat où François Baroin n’aura pas la tâche facile. Au sein du groupe UMP, certaines voix, comme celle du rapporteur général Philippe Marini, se sont déjà élevées pour s’inquiéter de « la progression de la dette » qui va « encore continuer ». Alliés indispensables de l’UMP au Sénat, les centristes ont aussi adressé quelques signaux d’avertissement. Hier, le président centriste de la commission des Finances, Jean Arthuis, s’est dit « pas convaincu » en matière de réduction de dépenses publiques. Les débats promettent donc d’être houleux.
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