Jean Arthuis croit à l'impartialité de la Cour des comptes
Publié le 09/07/2011
Le sénateur centriste souhaite en terminer avec « les allers et venues entre les cabinets ministériels et la Cour des comptes ».
MAJORITÉ Un « dysfonctionnement » ou une « incompréhension ».
Pour Jean Arthuis, l'affaire de la prime exceptionnelle de 3 530 euros que se sont attribuée les sénateurs est un objet d'étonnement. Invité hier du « Talk Orange-Le Figaro » le sénateur centriste de la Mayenne a saisi cette semaine le président de la Haute Assemblée, Gérard Larcher, pour lui demander de revenir sur cette mesure. « Nombre de nos concitoyens vivent dans de vraies difficultés, expliquait hier Jean Arthuis. Cette prime a un côté indécent et donc il faut y renoncer. » Le président du Sénat lui-même souhaite d'ailleurs l'annulation de cette prime.
Président de la commission des finances du Sénat, Jean Arthuis a choisi de ne pas associer sa voix à celle de ceux qui, dans la majorité, accusent la Cour des comptes de partialité. Dans un rapport, la juridiction présidée par Didier Migaud dresse un bilan très critique sur l'efficacité et l'emploi des moyens en matière de sécurité depuis 2002. Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy quand celui-ci était Place Beauvau, estimait hier, au micro de RTL, que « la Cour des comptes n'est pas une institution infaillible » et que le rapport était « truffé » d'erreurs.
Mise en garde
Des « propos excessifs » , selon Jean Arthuis, qui estime que « l'on n'a pas intérêt à critiquer la Cour des comptes ». « Il faut éviter d'accréditer (l'idée) qu'il y ait un parti pris partisan » dans le travail des « sages » de la Rue Cambon, explique-t-il, en conseillant qu'on en termine avec « les allers et venues entre les cabinets ministériels et la Cour des comptes ».
Président de l'Alliance centriste, Jean Arthuis a justifié que sa formation n'ait pas intégré l'Alliance républicaine, écologiste et sociale de Jean-Louis Borloo et Hervé Morin. « Proclamer qu'on est dans la majorité et se déclarer candidat à la présidentielle, c'est transformer le premier tour du scrutin en primaire dans la majorité. Est-ce raisonnable au niveau atteint par le Front national dans les intentions de vote ? » , met-il en garde. Dans le même temps, il plaide pour un rassemblement de « tous les centristes, sans exclusive », François Bayrou et ses troupes du MoDem compris. « Il me semble qu'il y a encore quelques crispations qu'il faudra dissiper le plus vite possible » , ironise Arthuis.








