Thierry Benoit a livré à la presse, cette semaine, les solutions qu’il préconisait pour perpétuer notre système de retraites, au bord de l’essoufflement. Le député de Fougères a souhaité dépassionner le débat en abordant des questions concrètes, à quelques jours de la présentation du projet de réforme du Gouvernement en conseil des Ministres. Ce projet de loi sera transmis dans la foulée à la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale afin d'être examiné par le Parlement à la rentrée.
1°) Privilégier les annuités à l’âge de départ
Thierry Benoit entend tout d’abord privilégier le nombre d’annuités cotisées que l’âge de départ à la retraite. «Dans les métiers de production ou manuels, on commence sa carrière plus tôt. Un jeune qui débute sa carrière à 18 ans et la termine à 60 ans aura acquis ses annuités. En revanche, dans les métiers qui ne sont pas les métiers ouvriers, on commence plus tard et on peut travailler jusqu’à 62 ans ». Le député de Fougères ajoute que repousser l’âge de départ à la retraite, « c’est méconnaître ce qui se passe dans un abattoir, le rythme de vie d’un boulanger ou les métiers du bâtiment ».
2°) La pénibilité
Conscient des inégalités face à la dureté et la pénibilité du travail, Thierry Benoit n’est néanmoins pas favorable au dressage d’une liste des professions dites « pénibles ». Il souhaite que cette problématique soit résolue au sein même des entreprises. Une réflexion autour des conditions de travail pourra ainsi être mise en œuvre.
3°) La durée du temps de travail
L’une des clés pour réussir cette réforme réside dans la remise en cause de la durée hebdomadaire du travail. « Aujourd’hui, nous payons le choix de 1999 qui était de ramener la semaine de travail à 35 heures. Cela coûte l’équivalent de 2 points de PIB par an, soit 35 milliards d’euros au budget de l'Etat. Avant d’expliquer aux salariés qu’il faut travailler jusqu’à 62 ou 63 ans, il faut se poser la question d’un retour au 39 heures pour les salariés en pleine force de l’âge, entre 25 et 55 ans ».
Le député de Fougères explique que ce retour aux 39 heures serait accompagné d’un relèvement des salaires, d’un aménagement de carrière au-delà de 55 ans et d’une prise en compte des années consacrées à élever les enfants. On peut également imaginer la mise en place d’une politique de parrainage dans les entreprises pour les seniors et envers les jeunes générations.
4°) La fin de la défiscalisation des heures supplémentaires
Parallèlement, Thierry Benoit rappelle que « selon certaines études, le temps de travail moyen des salariés français est de 38h30 ». Alors que la réforme de 2007 sur la défiscalisation heures supplémentaires prive les finances publiques de 4 milliards d’euros, la réalité économique actuelle démontre qu’elle n’a plus de sens. Le moment est donc venu de la supprimer.
5°) L’équité public/privé et la suppression des régimes spéciaux
Thierry Benoit est convaincu que « l’équité entre les différents régimes de retraite n’est pas assez abordée ». Il attache un profond intérêt au décloisonnement de la sphère public (Etat, collectivités territoriales, Éducation nationale, etc) et la sphère du privé en harmonisant les régimes. Dans cette lignée, le député propose de remettre à plat les régimes spéciaux. « Il faut commencer à supprimer les régimes spéciaux en y allant progressivement et sereinement. Il s’agit du régime des parlementaires en premier lieu, puis ceux de la SNCF, de la RATP, d’EDF, etc ».
6°) La suppression du bouclier fiscal
Dans cette logique d’égalité et de solidarité, le député breton souhaite élargir le potentiel de recettes de l’État à travers la contribution des catégories les plus aisées. Il réaffirme sa volonté de voir supprimer le bouclier fiscal « pour envoyer un message à la population ».
7°) La recherche de recettes complémentaires
D’autres pistes sont évoquées par le député pour garantir la pérennité de notre système par répartition. Il souhaite en effet revenir sur l’assujettissement des bénéfices des grands groupes non réinvestis mais aussi sur toutes les plus-values en taxant les stock-options, les retraites chapeaux, la CSG sur l’intéressement, la participation et les retraites élevées. « Il faut taxer la spéculation ».
8°) La TVA sociale
Afin de lutter contre les délocalisations et de freiner les importations, le député propose à la suite du sénateur Jean Arthuis de taxer la consommation et non la production par le biais d’une TVA sociale. Celle-ci serait élevée pour les produits importés tout en restant faible sur les produits de première nécessité. Cette réforme permettrait ainsi de privilégier les produits locaux sans porter atteinte aux revenus les plus modestes. « En Ille-et-Vilaine, la consommation d’un million d’habitants génèrent chaque année près de 1,5 milliards d’euros de recette de TVA ». C’est la première source de recette de l’État au niveau du département, loin devant l’impôt sur le revenu et la taxe professionnelle.
Réunion publique le 9 juillet 2010
Pour débattre de ce sujet crucial, Thierry Benoit organise une réunion publique ce vendredi 9 juillet à 20h30, salle Jean Langlais, au couvent des Urbanistes. Participeront à cette rencontre, Bernard Pivette, président de la Caisse régional d’assurance-maladie de Bretagne et Gérard Cornilleau, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (Sciences Po).