Et si la Grèce sortait de la zone euro... par Jean Arthuis
Publié le 03/11/2011
3 novembre 2011Arthuis: la crédibilité de l'eurozone ne serait pas entamée
Le sénateur centriste Jean Arthuis (Photo AFP) a expliqué hier ne pas croire qu'une éventuelle sortie de la Grèce entamerait la crédibilité de la zone euro ou entraînerait une propagation aux autres Etats européens fragiles, la Grèce étant, selon lui, «un cas spécifique». «Je ne crois pas que c'est toute la crédibilité de la zone euro qui pâtirait de la sortie de la Grèce car le partenaire grec n'a pas joué le jeu», a expliqué le président de l'Alliance centriste (AC) sur France info. «Depuis que la Grèce est entrée dans la zone euro, elle a transgressé tous les principes de discipline budgétaire, pire, elle a maquillé ses comptes pour dissimuler l'ampleur de ses déficits et de son endettement public», a rappelé l'ancien ministre des Finances. «On ne peut pas continuer à être partenaire d'un pays dont les fortunes, dont les dirigeants, continuent à s'exiler en Suisse et dans d'autres paradis fiscaux. Ceci est intenable et nos concitoyens ne comprendraient pas autant de tolérance», a-t-il également fait valoir.
«Alors, si les Grecs veulent sortir de l'euro, qu'ils le disent clairement et qu'on en tire les conséquences», a-t-il lancé en estimant que «le compte à rebours (était) maintenant entamé».
L'ancien président de la commission des Finances du Sénat a dit ne pas croire en un risque de propagation de l'exemple grec à l'ensemble de la zone euro.
«Il faut dédramatiser», a-t-il fait valoir, «car la Grèce est un cas spécifique. Son potentiel économique n'a rien à voir avec les autres Etats jugés fragiles qui ont un vrai potentiel économique». «C'est vrai pour l'Italie, pour l'Espagne, pour le Portugal ou l'Irlande qui a surtout souffert de la spéculation immobilière», a-t-il poursuivi.
Quant aux banques qui ont souscrit de la dette grecque, Jean Arthuis les a placées face à leurs responsabilités.
«Est-ce que ce n'était pas un peu facile de souscrire des bons du trésor grec à des taux d'intérêt certainement très intéressants, avec le sentiment qu'il n'y avait pas de risque parce que la solidarité européenne ferait son office», a-t-il dit en estimant qu'à un moment il fallait «constater ses pertes pour aller de l'avant».
«Je ne crois pas que ce soit la fin de la zone euro. Peut-être même que ce énième épisode de la crise grecque (sera) l'électrochoc dont nos chefs d'Etats et de gouvernements de la zone euro avaient besoin pour aller vers une vraie gouvernance économique et budgétaire», a-t-il conclu.








