Elections européennes : pour quelle Europe ? par Jean Arthuis
Publié le 09/02/2009
A l’approche des élections européennes, nous assistons à des déclarations de candidatures alors même que le débat sur l’Europe peine à s’engager. La crise sans précédent qui s’abat sur le monde éclaire les enjeux de la globalisation et place les Etats membres de l’Union européenne face à leurs responsabilités. Les événements récents mettent en évidence, au-delà d’une très active et fructueuse présidence française qui a marqué la scène internationale pendant le second semestre 2008, le retour de l’Europe intergouvernementale et la mise en sommeil de l’Europe politique. Hormis la politique monétaire qui s’efforce de préserver au mieux le crédit de l’euro, seule monnaie orpheline d’Etat, toutes les actions relèvent du chacun pour soi, notamment les politiques budgétaires et les plans de relance, jetant aux orties les règles de bonne conduite fixées par le pacte de stabilité et de croissance. La crise était devenue inévitable. Elle met un terme à toutes les stratégies improvisées pour jouer les prolongations et retarder les adaptations de notre société. Les nouveaux équilibres mondiaux se préparent maintenant, les règles du jeu internationales exigent que leurs rédacteurs soient unis et aptes à les faire respecter. En l’état, la mosaïque européenne n’est plus qu’un marché de consommation offert à tous les producteurs du monde. Les projets politiques nationaux restent vains, affichant trop souvent, au lendemain des annonces, l’image affligeante de l’impuissance politique. Et pourtant, les chantiers sont nombreux et immenses : politique industrielle et commerciale, harmonisation fiscale et sociale, lutte contre les paradis fiscaux, politique de l’énergie, sécurité et défense communes. Allons-nous assister à de nouveaux combats franco-français, chacun mesurant son poids du moment dans l’opinion des électeurs peu nombreux à se rendre aux urnes ? Avant de parler de candidatures, essayons de mettre le projet européen en débat. La gravité de la situation l’exige plus que jamais. Le temps des incantations et des gesticulations est révolu. Transformons la crise en chance pour l’avenir de tous les Européens.








