Délinquance routière : Sauvons les conducteurs honnêtes par Jean DONZEL, président de la fédération AC du Var
Publié le 24/05/2011
Délinquance routière : Sauvons les conducteurs honnêtes
Citoyen de base, quand le Parlement vote une nouvelle loi, ou quand le gouvernement établit un nouveau règlement, je cherche à l'appliquer. Pourtant depuis quelques années, je me sens complètement piégé parce que je n'arrive pas à appliquer les nouvelles dispositions concernant la sécurité routière : l'Etat ne me fournit pas les outils me permettant d'appliquer la règlementation qu'il nous impose ; et je suis devenu, malgré moi, dès que je prends ma voiture, un délinquant en puissance, et cela est insupportable. L'Etat m'impose de ne pas dépasser des limites de vitesse, différentes sur tout le territoire, et variées sur de courtes distances, sans me donner les moyens de le faire. Je veux respecter ces limites, mais je ne suis pas sûr d'avoir vu tous les panneaux, et il m'arrive parfois d'oublier un instant la limite de vitesse pour toutes sortes de raisons légitimes.
Me faire régler une amende pour inattention, est déjà une sanction pénible, mais ce n'est que de l'argent ; en revanche, me retirer des points sur mon permis de conduire, c'est commencer à me priver de ma liberté de circuler, alors que j'ai aucunement l'intention de dépasser la limite autorisée (c'est-à-dire de ne pas respecter la loi), et que je n'ai pas, non plus, la possibilité de m'assurer que je ne la dépasse pas, ni de corriger une défaillance: les limitations de vitesse, pas toujours repérables, me conduisent à une faute que je veux éviter, et font de moi un coupable, malgré moi, de façon injuste.
Je ne peux pas m'empêcher de penser à tous ceux dont la route fait partie du métier (comme les commerciaux...). Ils font 5 à 6 fois plus de kilomètres par an que moi et souvent ne connaissent pas toutes les routes qu'ils empruntent ! Ils ont toutes les chances de se faire retirer 5 à 6 fois plus de points que moi, 5 à 6 points par an et un retrait de permis en 2ans (sauf s'ils effectuent un "stage de remise de points!" qui ne leur est d'aucune utilité parce qu'ils cherchent à respecter le code de la route... ils ont besoin de leur permis!)
La réglementation en vigueur sera totalement injuste tant que l'Etat ne nous donnera pas les instruments nécessaires pour nous assurer que nous ne dépassons pas la limite de vitesse autorisée ; c'est possible: un constructeur automobile vient de proposer, sur un de ses modèles, un tel outil, mais qui ne fait pas foi.Pour que la réglementation devienne juste et inattaquable, l'Etat doit, comme pour la ceinture de sécurité, imposer un instrument, reconnu par lui, qui permettra de connaître la vitesse autorisée.
Il faut donc que l'Etat mette au point et impose un dispositif embarqué à bord de chaque voiture, permettant à tout moment, à tous les citoyens, de vérifier, sur un cadran situé à côté du compteur de vitesse, la limite de vitesse autorisée sur le tronçon de voirie emprunté...C'est à ce moment-là et à ce moment-là seulement que le citoyen devient effectivement responsable de sa vitesse quand il dépasse la limite autorisée. C'est à cette condition et à cette condition seulement que nos concitoyens accepteront alors les mesures qui ont été adoptées depuis quelques années car ils ne se sentiront plus punis d'avance, inévitablement, car ne seront sanctionner que les dépassements de vitesse volontaires.
Jean DONZEL Président de la Fédération du Var








