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Comment lutter contre la désindustrialisation : Contribution de la présidente de la fédération des Hautes-Pyrénées, Sylvie Izdag, à notre projet

Publié le 21/11/2011
 
  « Industrie-Emploi-Formation » Sylvie Izdag -Alliance centriste 65 *
Diagnostic
En 30 ans, la France a perdu environ 2 millions d'emplois industriels. En 1980, l'industrie française représentait 24% du PIB , en 2007 elle ne représente plus que 14%. Depuis 1970 , l'Etat n'a plus de politique industrielle nationale. Nous nous sommes orientés vers des politiques de service et de consommation .
Depuis 1980, ce sont des politiques de court-termes qui prévalent ; nous ne produisons presque plus de richesses sur notre sol national et nous empruntons de plus en plus pour consommer et financer notre système social.Les dernières crises économiques et financières ont surtout détruit des emplois industriels. Pourtant , nous connaissons une révolution industrielle plus importante que celle du 19e siècle , obligeant à une profonde mutation de notre système :
- Epuisement des énergies fossiles
- Développement des biomatériaux
- Développement des bioénergies
- Révolution agroalimentaire
- Explosion de la démographie mondiale
- Défi du réchauffement climatique
- Nécessité d'un usage judicieux, économe et équitable de l'eau.

Or cette révolution industrielle se joue dans un contexte de mondialisation , nous mettant directement en concurrence avec les pays émergents, concurrence pour le moins déséquilibrée. Nous sommes par ailleurs victimes des spéculations débridées qui font effondrer des pans entiers de systèmes économiques et sociaux , à l'échelle planétaire. La France n'y échappe pas. Il conviendrait probablement de mettre un minimum de régulation internationale et européenne, afin de permettre les activités et les échanges , tout en limitant les abus et les risques systémiques.

Actuellement , nos entreprises souffrent de difficultés pour trouver des financements. (Les banques ne leur octroient pas facilement des prêts). On note aussi une nette diminution des investissements dans le secteur industriel , avec un risque grave de vieillissement de l'outil de production.
Depuis des années , les citoyens ,le système éducatif, et les élites se sont détournés de l'industrie ; les métiers industriels étant considérés comme des sous-métiers ; les élèves s'orientant vers les filières techniques considérés comme perdus, sans réel avenir professionnel ; nos ingénieurs s'orientant plutôt vers la finance ou le commerce que vers les carrières industrielles.Il faut donc promouvoir à nouveau une culture industrielle en France en :
- Augmentant l'attractivité des formations techniques : mieux informer les jeunes sur les différents métiers (forums-stages et contacts avec les professionnels dès le collège).
- revaloriser les salaires dans l'industrie.
- s'inspirer du « système dual allemand ».
- développer les carrières évolutives (possibilité de commencer en bas de l' « échelle » et terminer en haut).
- établir des passerelles entre les différents métiers, valider des niveaux d'études à chaque étape de carrière.
- Faciliter et développer la formation par le compagnonnage.
- sécuriser les parcours professionnels (flexi-sécurité).
- Permettre aux entreprises d'une certaine taille , d'ouvrir leurs propres écoles afin de former en partenariat étroit avec l'éducation nationale ,les ouvriers et cadres dont elles ont besoin.
Ces écoles d'entreprises pourront peut-être créer les métiers d'avenir adaptés aux nouvelles technologies. (il faut inventer des écoles où on enseigne des métiers qui n'existent pas encore, qui peut mieux que les entreprises au plus près des nouvelles technologies et des nouveaux défis industriels le faire ?).
- Revaloriser les rémunérations des stages.
- augmenter la capacité d'accueil des stages en entreprises.

Faire émerger des pôles de compétitivité, véritables pôles industriels d'excellence :
Ces pôles doivent regrouper des entreprises de tailles différentes, des structures d'enseignement (écoles privées-lycée-collèges-universités), des structures de recherche-développement, s'organisant en réseaux de coopération, optimisant les moyens financiers et l'utilisation des infrastructures disponibles, tout ceci en partenariat étroit avec les collectivités territoriales dont le pouvoir doit être renforcé par une véritable décentralisation des moyens.Les collectivités territoriales doivent être des catalyseurs d'implantation des entreprises.
Les Régions doivent « mettre en musique » les potentiels industriels.
Les politiques d'aménagement du territoire, les politiques sociales et d'éducation menées par les collectivités ont des effets sur les implantations industrielles.

Développer un réseau inter-régional entre divers pôles pour une meilleure visibilité internationale
Afin d'augmenter leur capacité d'exportations.
Depuis 2000, notre balance commerciale est négative, ce qui limite nos possibilités de croissance. Actuellement, les exportations représentent 25% du PIB en France, contre 45% en Allemagne.

Créer un guichet unique régional
Charger d'aider les entreprises dans leurs démarches administratives , leurs recherches de financement et de soutien logistique , tant lors de leur installation , que lors de leur développement , notamment à l'export.
- nécessité de réorienter l'épargne vers l'industrie : Nécessité de l'engagement des banques aux côtés des entreprises. Livret épargne industrie-Epargne salariale, Grand emprunt et plan de relance
- Nécessité de développer une politique économique coordonnée au sein de l'UE : avec en autre une harmonisation fiscale et une meilleure utilisation du fonds européen d'ajustement à la mondialisation(sous-utilisé par nos entreprises).
- Développer la recherche et l'innovation au service de l'industrie :S'assurer que le crédit impôt recherche ne soit pas détourné de son objectif initial.Améliorer la protection des brevets industriels (création d'un brevet européen ?).

Allègement des charges salariales
En France , la protection sociale pèse trop sur le coût du travail.De plus les allègements des charges salariales portent surtout sur les bas salaires ;entrainant l'économie vers le bas.Or si on augmente de trois points la TVA, on peut baisser de quatre points les cotisations sociales.Ex : Après avoir gelé les salaires en 2002, l'Allemagne a procédé en 2007 à une augmentation de la TVA de trois points et une diminution des charges patronales. La TVA sociale qui reporte les charges Santé et Famille sur la consommation , permettra de diminuer le coût du travail , et favorisera le maintien des industries et des emplois en France.
TVA sociale = TVA anti-délocalisation

Conclusion :
Développer et améliorer la formation professionnelle, mais surtout offrir de vrais débouchés en relançant les industries et en redynamisant nos exportations .Lutter contre les délocalisations , favoriser la Recherche et le développement.

Lecture également conseillée : « Le système dual allemand : analyse de son évolution et de ses défis actuels »De Diane-Gabrielle Tremblay et Irène, Le BotNote de recherche n° 2003-4 ; de la chaire de recherche du Canada sur les enjeux socio-organisationnels de l'économie du savoir. Université du Québec.

* D'après le Rapport d'information sur la désindustrialisation des territoires, d'Alain Chatillon, session ordinaire 2010-2011- N° 403 et des éléments de propositions de l' Alliance centriste au projet politique centriste commun.

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