Arthuis: rejoindra-t-il finalement Borloo et Morin ?
Publié le 17/05/2011
Marianne | Mardi 17 Mai 2011
Absent au conseil national du Nouveau centre et au congrès du Parti radical, Jean Arthuis, président de l'Alliance centriste, semble hésiter à participer à la Confédération des centres. Eclairage.
Le congrès du Parti radical des 14 et 15 mai n’aura pas eu le retentissement escompté. Dominique Strauss-Kahn inculpé, les journalistes ont braqué caméras, objectifs et dictaphones vers New-York, délaissant Jean-Louis Borloo et les siens, au grand dam des parlementaires valoisiens, déçus que leur acte de bravoure soit si peu relayé.
Pourtant, cette faible couverture médiatique du rassemblement radical a permis aux centristes d’enfouir leurs failles sous le tapis. Personne n’a relevé, par exemple, que Jean Arthuis, l’un des cinq co-présidents de la future confédération des centres, ne participait pas à l’événement. Déjà, la semaine précédente, le sénateur de la Mayenne avait séché le conseil national du Nouveau centre réuni à Versailles. Pour justifier son absence, les organisateurs avaient alors évoqué « des raisons personnelles ».
Cette fois-ci, le nom de Arthuis n’a même pas été mentionné par les co-présidents, comme si le président de l’Alliance centriste ne faisait plus partie de l’aventure.
Contacté par Marianne2, Jean Arthuis refuse pourtant de parler de « rupture ». « On est toujours dans le projet de confédération, assure le sénateur. La première condition que j’avais posée était l’indépendance politique, ce qui s’est passé ce weekend (ndlr : le vote par le Parti radical de son départ de l’UMP) va dans l’orientation que je souhaite. » Si son patronyme n’a pas été cité lors des discours des uns et des autres, c’est « peut-être parce qu’ils considèrent que j’ai trop d’indépendance par rapport à eux », suggère-t-il. Effectivement, pour le président de l’Alliance centriste, se déclarer « dans la majorité » comme le fait Jean-Louis Borloo n’est pas satisfaisant : « C’est inimaginable qu’il y ait deux candidats de la majorité, il faut que les choses se clarifient. » Le brouillard qui enveloppe encore le positionnement du Parti radical pourrait-il remettre en question la participation de son parti à la confédération ? « Nous nous prononcerons le 2 juillet. » D’ici là, encore bien des événements peuvent venir dissuader le leader de l’Alliance centriste de participer au projet de rassemblement du centre.
A commencer par l’absence de François Bayrou. « Je vivrai comme un échec qu’il y ait deux candidats centristes, cela amenuise nos chances, martèle-t-il. Je vais être l’avocat inlassable du rassemblement intégral ! » Problème : ni le patron du Modem, ni le duo Morin-Borloo ne souhaitent cette union. Pour la course à la présidentielle, Arthuis va donc devoir choisir entre le Modem et la confédération. A moins que ses hésitations ne poussent les centristes de droite à l'exclure d'eux-mêmes... Ou que la confédération ne voit jamais le jour.
Laureline Dupont








