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Communiqué de Michel Champon – Secrétaire général en charge du projet et des études

« Un Ersatz de remaniement ministériel pour quoi faire? 

Où est la France dans cette décision? »

La nouvelle composition du gouvernement annoncée jeudi dernier ne laisse pas sans de lourdes interrogations ?
Au-delà des questions de personnes, qui sont certes importantes mais au fond subalternes, le vrai sujet est avant tout celui du sens de l’action, et de l’appréhension forte des enjeux et des défis qui sont devant nous et qui font l’objet d’attentes insatisfaites de nos compatriotes.

Et déjà, force est de constater que les ministères économiques, qui sont au cœur des urgences, sont soit rétrogradés comme MACRON soit renvoyés au fin fond de l’ordre protocolaire comme le BUDGET !
Mais il est vrai que les déficits publics sont un non-sujet !
Quant aux reformes sur le droit du travail, on a hélas bien compris des propos du Président que rien ne serait décidé sans l’aval des états-majors syndicaux, y compris les referendums d’entreprises…
Dans ces conditions, on peut être surs du résultat hélas…

Pour la vision et l’innovation, il faudra là aussi attendre la suite ?
Qu’on en juge : M BAYLET sera ministre de l’aménagement du territoire, des collectivités territoriales … et de la ruralité !
Beaux sujets certes mais pour faire quoi à un moment ou l’ETAT n’a plus un sou et, pour ne citer que la ruralité et l’aménagement du territoire, les CPER sont déjà signes et entres en vigueur ?

Autres réflexions :
–          Quel message sur l’EUROPE ? Les médias ratiocinent sur AYRAULT le germanophile… Peut-être, mais juste observer qu’il n’est pas ministre des affaires européennes ! (Ou est M.DESIR ?). Et que la situation du monde est telle qu’il faudra assurer une présence forte et permanente sur l’ensemble du globe. Ça n’est pas une mince affaire.
–          Pourquoi un gouvernement aussi pléthorique et doté de portefeuilles ésotériques telle  « l’égalité réelle », voire d’une utilité douteuse telle « l’aide aux victimes » ? Faut-il vraiment dépenser de l’argent public sur des sujets qui, en réalité, doivent être suivis par des administrations ? Au pire cela dénote des dysfonctionnements majeurs, mais dès lors c’est plus grave pour la gestion publique.
–          On ne s’étendra pas outre mesure sur les portefeuilles attribués aux personnalités venues du monde improbable des verts car on a bien compris, ici, que seule la communication et la gesticulation en étaient à la source…

 

Au-delà de cet affligeant constat se posent cependant des problématiques lourdes qui se présenteront à tous les partis de gouvernement. Sans doute est-ce aussi un sujet de réflexion pour nous ?
–          Tout d’abord, cette démarche démontre, mais de façon quasi caricaturale, que notre pays est entré dans une phase de présidentialisme exacerbée ?
Le Président nomme et vire ad nutum, sans contrôle, sans logique et surtout sans qu’il y ait de contrôle politique au sens noble du terme. Car on oublie souvent que, dans les grands pays, qui sont souvent des états fédéraux au demeurant, la séparation des pouvoirs est bien établie et qu’il y a donc une réelle régulation démocratique. Dans notre pays, encore hyper centralisé, le Président veut à la fois présider, c’est à dire s’occuper des intérêts supérieurs du pays, et gouverner, c’est à dire passer du coq à l’âne en permanence ! C’est une dangereuse illusion et au-delà des capacités d’un homme ou d’une femme. L’échec est assuré et il faudra s’en souvenir pour la suite…
–          De même, et certains médias l’ont souligné hier, force est de constater la faiblesse et l’indigence du vivier en personnalités en mesure d’assumer des postes ministériels. Du coup, les nominations – et on l’a vu hier – viennent en quasi-totalité de la haute fonction publique ENA en tête ou d’apparatchiks. Ça n’est pas du tout une preuve de bonne santé démocratique dans un pays où, sans aucun doute, les talents ne manquent pas ! Et soyons justes : ce constat ne concerne pas que la gauche et on risque de voir la même chose en 2017 si on n’y prend garde.
–          Au fond, et c’est là encore un joli sujet, tout ceci démontre hélas la grande misère et la grande viduité de nos partis politiques, qui ne savent – à l’exception de l’AC qui s’y efforce ! – ni constituer des gisements d’idées et de propositions, ni permettre l’admission et la promotion de nouveaux cadres pour le pays. Leur fonctionnement, qui évolue souvent entre le mini césarisme ou la guerre des clans sur fond de réseaux et d’enjeux de pouvoirs subalternes, ne correspond pas ou plus du tout à la réalité de la société, ouverte sur le monde et qui ne connait plus ni portes ni fenêtres! Et, on ne peut que le déplorer, des mouvements qui se prétendent eux-mêmes à la pointe de la démocratie moderne et de l’innovation politique ne sont pas les derniers à donner une image exécrable d’un fonctionnement opaque et courtisan…
–          Il faudra prendre garde a tout ça si – quel que soit le camp – on ne veut pas à nouveau décevoir en cas d’alternance ?
–          La majorité en place nous donne le mauvais exemple et nous indique le chemin à ne pas suivre !

A nous de relever ce défi!
Michel Champon
Secrétaire général en charge du projet et des études